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Les vacances de la Toussaint, Robert Mitchum et moi…

Ou comment je suis devenu photographe!

En voilà un titre bien mystérieux et pourtant… Nous sommes en 2002, après avoir abandonnées mes études de psychologie l’année précédente parce que je réalise que « je n’ai pas envie de mettre des gens dans des petites cases toute ma vie », je passe le concours d’entrée aux beaux-arts de Monaco et suis acceptée en prépa. Je souhaite devenir designer d’espace mais avant cela je vais découvrir foule de médiums artistiques, en allant de la peinture à la sculpture, en passant par la gravure et autres cours passionnants!

Peu avant les vacances de la Toussaint, le directeur nous réunis pour nous faire part de la possibilité de participer à un workshop photographie qui aura lieu pendant lesdites vacances, et pour avoir « la chance » d’y participer les « heureux élus » seront tirés au sort. Pourquoi ces guillemets vous demandez vous? Et bien, j’ai 19 ans, je n’ai pas envie de venir en cours pendant les vacances et en plus je n’ai aucun intérêt pour la photographie!
Mais je suis une jeune fille maligne et qui veut faire bonne impression au directeur, j’inscris alors mon nom sur un bout de papier et le dépose dans la boîte à « destin ». Aucun risque de « pourrir mes vacances » pense-je au moment où le tirage va commencer – le directeur plonge sa main dans la boîte – « je n’ai jamais rien gagné dans ma vie, ce n’est pas aujourd’hui que ça va commencer! » A peine ai-je le temps de finir ma pensée que mon nom est appelé! « Oh non…adieu grasses matinées ».

Mon beau-père me prête son appareil photo, je ne sais même pas mettre une pellicule (et oui, le numérique n’étais pas encore là), ça commence bien! Nous avons droit à un cours théorique sur la lumière, le fonctionnement d’un appareil et ses réglages puis place à la pratique. Nous nous rendons au musée océanographique (quand j’y repense, c’était sympa comme conditions lumineuses pour débuter!), je remplie ma première pellicule noir et blanc Illford, je passe finalement un bon moment et suis curieuse de voir comment va se passer le développement en chambre noire.

Nous voilà dans cette fameuse chambre noire, les odeurs de produits chimiques et la lumière rouge créent une vraie atmosphère. Développer une pellicule c’est très excitant et en même temps un peu stressant, si on loupe une des étapes, adieu rouleau! Cette première expérience se déroule parfaitement, sauf pour mes mains, je fait une réaction allergique à la chimie (je devrais par la suite travailler avec des gants, et avec le recul c’était pas plus mal!) Puis vient l’étape du tirage… là je vois apparaître sur le papier ce que j’ai photographié, je suis fascinée et émue, la passion naît à ce moment précis et je passe ensuite la plus grande partie de l’année enfermée dans cette pièce! A ce moment-là la photographie est juste une passion, je n’ai aucune ambition professionnelle allant dans ce sens et continue de vouloir intégrer l’école de design.


Plus tard dans l’année, une prof nous dit qu’elle organise une petite séance cinéma entre midi et quatorze heure, pour découvrir les classiques, ce jour là il pleut et il fait froid, je décide d’assister à la séance pour rester au chaud, le film est avec Robert Mitchum : La nuit du chasseur. J’ai déjà vu bien entendu des films en noir et blanc – Les oiseaux d’Hitchcock ont marqués mon esprit à tout jamais – mais ce jour-là je suis subjuguée et tombe tout simplement amoureuse du noir et blanc. Je pourrais vous écrire encore de longues lignes pour vous décrire tout ce qui fait la beauté de cette oeuvre et je le ferai peut-être une prochaine fois si vous en avez envie, mais pour être concise, ce film de Charles Laughton est plus qu’une inspiration c’est une aspiration: un jour quand je serai grande, moi aussi je maîtriserai l’ombre et la lumière et ce noir et blanc à l’aspect velours… un jour…

L’année s’est terminée, j’ai intégré mon école de design et n’ai pas continué en deuxième année, l’enseignement n’était vraiment pas de qualité, je décidai de suivre des cours par correspondance de paysagisme tout en travaillant, je vous le concède, j’ai mis un certain temps avant de trouver ma voie. En parallèle je continuai à faire de la photographie de temps en temps, pour le plaisir, je n’avais plus accès à une chambre noire mais je faisait développer mes pellicule en boutique. En 2005 j’ai eu ma fille et suis resté au foyer durant un an et demi pour m’occuper d’elle, je souhaitais reprendre une activité et une amie qui travaillait dans une boutique photo m’a proposé de postuler car ils cherchaient un mi-temps! J’ai été engagée et adorait ce travail, puis le numérique à remplacé petit à petit l’argentique, et le secteur à connu une crise. Je préparai notre mariage et me suis lancé à la recherche d’un photographe. Là j’ai découvert des photographes de mariages modernes, une nouvelle perspective s’offrait à moi, la boutique allait fermer, je devais me reconvertir, c’était l’occasion de faire de la photographie plus qu’une passion, c’était l’occasion d’en faire mon métier… Nous sommes en 2010 et je me lance!

« Muse » c’est pour moi le retour de la quête de l’ombre et la lumière, du noir et blanc et de la passion qui m’a animée en premier lieu, ce n’est pas un aboutissement, ce n’est que le commencement.
Il y a un proverbe qui dit: « Dans la vie il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». Cette phrase est pour moi une vérité et j’ai hâte de voir tout ce que me réserve encore la « boîte à destin ».

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